AGROFORESTERIE
  CÔTE D'IVOIRE
Présentation
Les escargots appartiennent au groupe d’animaux invertébrés appelés mollusques. La plupart des mollusques portent une coquille. D’autres espèces de ce groupe sont les limaces, les moules, les calmars et les seiches. L’escargot comprend en gros deux parties, le corps et la coquille. Le corps est divisé en trois zones – la tête, le pied et les viscères. La tête, peu démarquée du reste, porte deux paires de tentacules rétractables. L’une des paires est beaucoup plus allongée que l'autre et elle contient les yeux dans sa terminaison protubérante. Le pied musculaire, allongé, occupe presque toute la surface ventrale et, comme la tête, n'est pas clairement démarqué du reste du corps. Un sillon longitudinal étroit court sur la longueur du pied en son milieu. Les viscères, de forme bosselée, se trouvent dans la coquille au-dessus du pied. Ils contiennent les organes digestifs, reproducteurs et respiratoires.

Elevage

Les avantages

Environnement
Les escargots ne sont pas nuisibles à l’environnement car, à l’inverse de la volaille ou des cochons, ni les escargots ni leurs excréments ne sentent mauvais. L’élevage d’escargots peut aussi se faire dans une cour.

Intrants
Les apports en terme de capital, équipement, main d’oeuvre et financement sont relativement faibles comparés aux autres types d'élevage (volaille, cochons, chèvres, moutons, bovins).

Chair d’escargot
La chair d’escargot est une bonne source de protéines. Elle est riche en fer et en calcium mais, comparée à d’autres sources protéiniques comme la volaille et les cochons, elle est pauvre en graisse et en cholestérol.


Les inconvénients

Climat
En l’absence de moyens artificiels coûteux pour réguler le climat, l’élevage d’escargots ne peut se pratiquer que dans des forêts tropicales humides où la température est constante, l’humidité relativement élevée et où, de préférence, il n'y a pas de saisons sèches. De même, il est préférable que le rythme jour/nuit soit relativement constant au cours de l’année.

Restrictions culturelles
Pour certains, la chair d'escargot est une délicatesse alors que pour d'autres, il est hors de question d’en consommer, pour des raisons culturelles ou religieuses.

Croissance
Les escargots ont une croissance relativement lente. De plus, la chair comestible ne constitue que 40% (au plus !) du poids total vivant de l’escargot. De ce fait, d’élevage d’escargots ne peut être une activité lucrative à court terme.

Escargots : un risque de plaie
Les escargots qui s’échappent d’un élevage ou qui sont rejetés en pleine nature par un éleveur peuvent se multiplier rapidement jusqu’à devenir une véritable nuisance pour l’agriculture et l’horticulture.

Il faut donc bien comprendre que l’élevage d’escargots ne peut se pratiquer qu’au sein d'une exploitation agricole diversifiée. Cependant, à force de patience et grâce à une bonne gestion et une intégration prudente dans les activités fermières existantes, l’élevage d’escargots peut fournir, à termes, des avantages substantiels.


Alimentation

Alimentation naturelle
  • Les escargots peuvent manger une grande variété d’aliments.
  • Leur fournir des restes de fruits et légumes qui soient encore consommables permet qui plus est de réduire les coûts alimentaires.
  • Les aliments contenant des feuilles velues ou cireuses sont à éviter. De nombreuses observations scientifiques décernent le prix d’excellence aux feuilles de papayer, au fruit et à son épluchure.
  • des troncs de papayers (à fendre en forme de baguettes),
  • Pour un développement optimal, l’alimentation devrait contenir 20% de protéines dans sa matière sèche. Les feuilles de papayer, le fruit et son épluchure sont une bonne source de protéines crues.
  • Pour une croissance forte et un bon développement de la coquille, il convient de compléter l’alimentation avec du calcium en poudre, à hauteur de 15 à 20% de la matière sèche, sous forme de coquilles d’oeuf par exemple, de chaux, de cendres, de coquilles d’huitres (broyées) ou de farine d’os. Le calcium fourni par la coquille d’huitre broyée est le meilleur. Si l’on donne une quantité de calcium supérieure à 20% de la matière alimentaire sèche, on obtiendra des coquilles plus épaisses mais pas plus de chair. (Remarque: on peut trouver que 20% est un pourcentage élevé mais n’oublions pas qu’il est rapporté à la matière sèche et que les aliments consommés par les escargots sont principalement constitués d’eau).
  • Les escargots ont besoin d’eau ! Ils trouvent cette eau avant tout dans la nourriture mais on peut apporter des sources d’eau supplémentaires dans les enclos : une éponge imbibée d’eau ou une boule de coton mouillée fera l’affaire pour les petits et les jeunes, un plat peu profond (pour éviter que les escargots ne se noient) conviendra aux escargots adultes et reproducteurs.

Alimentation composée
Le manque de terre forçant les éleveurs à passer d’un élevage extensif, où les aliments au sol sont en abondance, à un élevage semi-intensif, il peut devenir nécessaire de travailler avec des aliments composés. Des études menées sur l'apport d’aliments pour volaille dans un élevage d’escargots ont montré que cette formule peut être intéressante pour l’élevage.


Logement
Les escargots sont très forts pour s’échapper des enclos. Une des premières précautions à prendre lorsqu’on veut monter un élevage d’escargots productif, est donc de construire un parc ne leur laissant aucune chance de s’échapper.Mais il faut avant tout sélectionner un lieu approprié.
Pour ce faire, il faut songer aux facteurs suivants :
  • (micro) climat :
    Les escargots sont des animaux à sang froid ; aussi préfèrent-ils les températures modérées et une forte humidité.
  • Vitesse et direction du vent :
    Le vent accélère la déshydratation des escargots. Pour empêcher que les escargots ne se déssèchent, les parcs doivent être installés à l’abri du vent.
  • Caractéristiques du sol
    Le sol est une donnée essentielle de l’habitat des escargots. Sa composition, sa teneur en eau et sa texture sont des critères à étudier de près.
    Si un sol est bon pour la croissance du taro, des tomates et des légumes-feuilles, il convient aussi à l’élevage d’escargots.
  • Sécurité, protection des escargots contre les maladies, les prédateurs et les braconniers.

Le bâtiment : Esargotière
Le type et dimensions du/des escargotières dépendent évidemment du système d’élevage que l’on choisit et de la quantité d’escargots que l’on veut produire. En ce qui concerne l’habitat, l’élevage peut être de type extensif, semi-intensif ou intensif. Ces trois modes vont croissant en termes de complexité, gestion et apports financiers. Il convient de les envisager à tour de rôle :
  • Le système extensif : à l’extérieur, enclos de pâturage pour escargots
  • Système mixte ou semi-intensif : La ponte et l’éclosion ont lieu dans un environnement contrôlé ; les jeunes escargots sont transportés après 6-8 semaines dans des enclos extérieurs pour qu’ils croissent ou engraissent, ou les deux.
  • Intensif en système clos : tunnels en plastique, serres ou bâtiments climatisés.
    Quels que soient la taille ou le type d’élevage, l’habitat doit toujours remplir les conditions suivantes : être
  • Anti-fuite : les escargots s’échappent volontiers et s’ils en ont la possibilité, ils se promèneront partout dans votre jardin et votre maison (ou celle de vos voisins).
  • Spacieux : en fonction du stade de croissance des escargots (petits, juvéniles, escargots géniteurs ou escargots engraissés bons pour la consommation). Les escargots pâtissent du surpeuplement qui entrave leur développement et accroît le risque de maladies. Les bonnes densités de peuplement vont de 100/m2 ou un peu plus pour les petits, et de 7 à 10/m2 pour les géniteurs
  • Facile d’accès et facile à travailler pour déplacer les escargots, déposer la nourriture, nettoyer et réaliser d’autres travaux d’entretien.
  • Bien protégé des insectes, prédateurs et braconniers.
On peut utiliser différents matériaux pour construire des enclos, en fonction du prix et de ce qui est disponible :
  • Du bois résistant au pourrissement et aux termites. En Afrique de l’Ouest, les essences de bois bien adaptées sont l'iroko (Milicia excelsa, nom local: odum), l'opepe (Naucleadiderrichii, nom local : kusia), ou l’ekki (Lophira alata, nom local : kaku), on peut faire des poteaux en utilisant du teak.
  • Parpaings en ciment ou briques crues
  • Feuilles galvanisées, feuilles de polythène.
  • Grillage fin de protection.
  • Moustiquaires ou filet en nylon pour couvrir les enclos et les protéger des insectes.
  • Matériaux de récupération comme des pneus de voiture, des bidons d’essence ou des vieux réservoirs d’eau.
  • casiers
  • fosses
  • parquets
  • enclos de pâturage




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© 2017 agroforesterie.ciDernière mise à jour : Vendredi 24 Juillet 2020